"Quoi manger et à quelle fréquence pour être en bonne santé ?"

Il a faim…ou pas…

L’alimentation des enfants est souvent un problème pour les mamans que j’accompagne. Ce sujet cristallise les tensions bien souvent, il fait aussi écho à la propre relation à la nourriture des parents.

« Quoi manger et à quelle fréquence pour être en bonne santé ? (…) Il ne veut pas manger à table (…) Il ne mange rien (…) Il mange en plein de petites fois (…)  Il ne mange pas de légumes (…) Si je le laissais faire il mangerait n’importe quoi (…) »

Je comprends ces inquiétudes. Nous avons envie que notre enfant soit en bonne santé maintenant et plus tard et nous sommes souvent parasitées par les campagnes publicitaires, les critiques des uns ou des autres…

Manger est un acte vital mais aussi culturel. Manger trois fois par jour est culturel. Historiquement, on retrouve une diversité d’horaires, plus ou moins stables, liés aux horaires de travail et contraintes administratives, culturelles et religieuses selon les divers groupes sociaux de l’époque. Ainsi certains artisans mangeaient 5 fois (on parle en petites prises alimentaires et non en repas) par jours à heure fixes tandis qu’à la cour de France, jusqu’à Louis XIV, les horaires étaient irréguliers et l’on mangeait en général 2 fois par jour.

Le modèle alimentaire auquel on se réfère aujourd’hui repose sur des commodités sociales depuis environ 1 siècle.

Physiologiquement le bébé allaité est naturellement enclin à répartir en petites fractions ses prises alimentaires. Les premières années, il continuera de s’écouter si c’est possible pour lui en mangeant quand il a faim. On lui proposera de préférence des aliments sains, non transformés.

Il n’est pas inhabituel qu’un enfant ait faim avant ou après l’heure décrétée par ses parents. Il n’est pas inhabituel qu’il ait un petit appétit et réclame régulièrement à manger. L’enfant coupé de ses ressentis, forcé à manger ou à ne pas manger car ce « n’est pas l’heure », va être stoppé dans son apprentissage et ne « saura » plus aussi facilement comment se réguler. Plus l’enfant est contrôlé dans son alimentation et moins il aura la capacité de savoir quand il a faim, de reconnaître l’impression de satiété…

Si ton enfant a été nourri au biberon et en diversification classique ( déjà ne te flagelle pas) ton enfant à sûrement besoin d’apprendre tout simplement à s’écouter, à se connecter à ses besoins déréglé par un conditionnement et tu peux l’accompagner sur ce chemin.

Alors oui, les lobbys industriels font bien leur travail et tentent nos enfants à grand renfort de publicités et introduisent les cantines des écoles. Peut-être que le petit copain a les derniers desserts à la mode qui explosent les scores en glycémie. Peut-être que tu veux éviter que ton enfant mange du gluten, des produits laitiers, du sucre, boive des jus de fruits…

Comment accompagner respectueusement ton enfant dans son alimentation quand il est tenté par la « junck food » sans le rendre malade de frustration (avec le risque qu’il s’en gave dés que tu auras le dos tourné) ou le traumatiser et qu’il rejette toute nourriture saine une fois adulte ?

Voilà comment cela s’est passé et se passe encore chez nous :

Victor a été allaité puis s’est diversifié lui-même et nous avons opté pour la diversification menée par l’enfant (si tu ne sais pas ce que c’est je t’invite à lire mon article de blog sur La DME) . Il n’a été prêt à faire de « gros » repas que vers l’âge de 3-4 ans et à cependant continué de fractionner ses repas longtemps.

Nous n’avions que de la nourriture saine à disposition donc cela ne nous posait aucun problème. Puis il a découvert certains aliments ou groupe d’aliments à l’extérieur de la maison. Dans notre famille, à l’extérieur, il mange de tout sans restriction. Lui enlever un aliment des mains ou le couper de ses envies au sein d’un groupe d’enfants relève à mon sens de la violence. Si l’envie lui dit que nous en achetions, je trouve la version la « moins pire » si possible en teneur de sucre, sel, mauvaises graisses pour limiter la casse. Autrement, je lui achète car il a le droit de choisir aussi ses aliments et sachant que je fais les courses une fois par semaine, d’autres aliments, d’autres repas compenseront largement l’objet du délit.

Il veut essayer de manger l’objet du délit au réveil ? C’est son droit et c’est ok.  Dis-toi que hors diagnostic posé, problème de santé avéré, troubles de l’oralité tout est juste une question d’expérience pour lui et que c’est surtout passager (même si cela dur quelques jours).

Et s’il ne mange pas ? Il est rare qu’un enfant ne mange « vraiment » pas. Là aussi, si un trouble de l’oralité a été écarté, des risques d’allergies alimentaires, si ton enfant n’a pas de problème de santé alors je te propose de détendre l’atmosphère, de TE détendre. De proposer des aliments en dehors de tes heures de repas. De vérifier qu’il a bien assez de lait à côté, que ton enfant est en forme et que sa courbe de poids ne change pas de couloir (que cela soit celle de l’OMS ou du carnet de santé). Tu peux aussi simplement, commencer par montrer d’abord l’exemple afin que via les neurones miroirs ton enfant t’imite aussi.

Bien à toi

Emmanuelle

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