l'Histoire des crèches

L’Histoire des crèches

Selon moi, il y a deux étapes fondamentales dans l’Histoire de l’Homme : 

 

  • Le passage au Néolithique et le début de la domestication des animaux, de l’élevage de la terre, des enfants, le début des violences conjugales et parentales, de la guerre de territoire… La sédentarité a vraiment détruit les valeurs des chasseurs cueilleurs que nous sommes toujours génétiquement : liberté individuelle de TOUS, partage et égalité.

 

  • La deuxième grande étape qui a davantage éloigné l’Homme du respect de ses besoins physiologiques c’est la Révolution Industrielle (je sais, j’en parle souvent)

 

Toutes ces “révolutions” de moyens ont fait régresser nos valeurs d’Humains.

 

Lors de cette dernière période, les crèches n’ont pas tardé à suivre l’essor des asiles pour jeunes enfants, futures écoles “maternelles” (article à suivre sur le sujet)..

 

Alors, au début, l’idée n’est pas absurde, même si symptomatique de situations dramatiques pour les bébés et leurs mères. Au lieu d’accepter que les mères aménagent leur travail avec leurs enfants ou emmènent leurs enfants avec elles, les femmes dont la famille a besoin d’un salaire supplémentaire se séparent ou font garder malgré elles leurs enfants dans des conditions insalubres au 19ème siècle.

 

La première crèche a été créée à Paris en 1844 par un adjoint au maire pour des bébés de quinze jours à trois ans, enfants de blanchisseuses dans les nouvelles grosses structures.

Ce qui est plus tordu, c’est que plus les crèches ont pullulé, plus les mères ont été incitées à quitter leurs bébés puisque, “il y avait des crèches à présent”. 

 

Cette pratique marginale destinée aux cas d’urgence, est devenue rapidement une norme établie.

 

Le pire est à venir, car voyez-vous, au début, les mères avaient leur place dans les crèches ! Elles venaient allaiter leurs enfants, elles allaient et venaient quand elles le voulaient. Mais cela n’était pas super pratique pour le personnel, visiblement.

 

(l’image qui illustre cet article représente une des premières crèches voici l’ancêtre des “parcs” pour enfants; concentrique, le meuble des crèches permettait à l’adulte de gérer tout ce petit monde (la motricité libre, la DME etc, ce n’était, encore une fois, pas super pratique pour le personnel…).

 

Rapidement les mères ne peuvent plus rentrer dans l’enceinte et ne peuvent faire garder que des enfants sevrés (et VLAN l’allaitement maternel) (je reparlerai bientôt de l’état de santé des nourrissons qui s’est dégradé et des débuts des courbes, pesées etc…).

 

La gestion des crèches est ensuite confiée le plus souvent à des Soeurs et les enfants des “filles-mères” sont refusés, les notions d’hygiène douteuses et c’est face à un taux de mortalité important des enfants que les municipalités reprennent le contrôle des crèches (qui étaient payantes by the way, en plus).

 

Sous Napoléon III, les crèches deviennent gratuites et réglementées, et leur expansion en plein boom industriel est brutal.

 

Rien n’est “gratuit”, n’oublions pas la vision à long terme des institutions qui est de conditionner de futurs ouvriers.

 

Nul besoin de vous dire que dans ces crèches, les besoins individuels des enfants ne sont pas entendus et respectés. Les bébés restent la journée au lit, peu changés et câlinés, conditionnés dès les premières semaines de vie à taire leurs besoins et à rentrer dans le moule pour répondre aux exigences de l’Adulte ou plutôt de l’Industrie.

 

Les crèches ont continué d’exister, mais sont revenues en force dans les années 70, sous couvert de “socialisation précoce de l’Enfant”. Bah oui, parce que les parents, les frères et soeurs, les voisins, les commerçants… ça ne compte pas hein.

 

Aujourd’hui, aucune crèche ne peut remplacer les figures d’attachement et répondre aux besoins des enfants, la collectivité à cet âge est une violence, surtout plus de 20h par semaine (études du docteur Gordon Neufeld sur le lien d’attachement secure qui préconise : pas plus de 20 h de garde sans figure d’attachement jusqu’à l’âge de 5 ans), mais il y en a des petites, plus informées, qui font de leur mieux, c’est vrai.

Le gros problème EN FAIT est que cela est devenu la NORME. Au lieu d’être heureux pour un bébé qui n’a pas besoin d’être séparé de sa mère, il n’est pas rare que l’on demande à une maman au foyer ou qui travaille chez elle avec son enfant, “quand” cette dernière le mettra t-elle à la crèche.

Les préparations industrielles qui trouvaient leurs places dans les placards à pharmacie en cas de problème d’allaitement, sont devenues la norme et aujourd’hui, on demande à une femme qui allaite avec bonheur et efficacité, quand est-ce qu’elle donnera le biberon. LE biberon hein, pas “un” biberon, vous avez remarqué ? L’incontournable biberon, tout comme l’est la crèche : incontournable, alors qu’au regard de l’Histoire de l’Humanité, c’est vraiment ridicule (comme le non allaitement, une poussière d’étoile, dans l’Histoire de l’Humanité).

 

Reprenons : 

 

Historiquement, des femmes et des bébés ont dû se séparer de force, les mères se sont vues dépossédées de leurs droits, les enfants sevrés de force, la santé des enfants s’est détériorée (physique et morale).

 

Et amnésique (ou pas, la maline), notre société trouve encore cela merveilleux et incontournable.

 

Je connais très peu de mères heureuses de reprendre le travail à l’extérieur aux trois mois de leurs bébés et de les laisser en crèche. Certaines, vulnérables, arrivent à se laisser convaincre qu’à la crèche leurs bébés seront mieux qu’avec elles, et n’osent pas le dire.

Si un jour, l’on vous intimide à vous parler de “crèche”, vous pourrez avoir une pensée pour ces mères et bébés du 19ème siècle que l’on a empêché de se voir en journée, d’allaiter, de vivre ensemble ces premières années.

 

Être féministe, ce n’est pas écouter les hommes et faire comme eux (ou tata Odette qui a besoin que tu fasses comme elle, car se remettre en question serait trop douloureux pour elle…).

 

Être féministe, c’est être libre d’ÊTRE mère, femme…tout ce que nous voulons, si si, je te jure.

 

Bien à toi

 

Emmanuelle Cabot

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